ADPP-OODA-PDCA des modèles familiers

ADPP, OODA, PDCA : des modèles familiers de la construction de la relation.

ADPP, OODA et PDCA sont des modèles dits « cognitifs » qui partagent le même et vaste champ de la construction de relation sociale et grégaire dans le domaine de son élaboration. Ils répondent à une même logique de mise en mouvement, celui du cycle, de « l’éternel recommencement ». Comme tout modèle ils ne sont qu’une façon de représenter la « réalité » et ne sont pertinents que dans la mesure  où ils permettent de nous interroger sur nos pratiques, de les analyser et d’en tirer enseignement. Ils ont pour qualité d’objectiver et de naturaliser[1] partiellement par leur configuration, la réalisation de notre « vie » à plusieurs. Partant de la réalité observable, ils  nous interrogent sur la perception que nous  en avons,  sa mise en mots et  ce que nous en faisons pour qu’elle devienne notre réalité, notre production d’instants, de moments, d’histoires, notre vie « rêvée » ; ils se rapportent à trois niveaux que nous pourrions appeler par analogie à l’art de la guerre, le niveau stratégique, tactique et opérationnel qui correspondent aux trois niveaux de communication, primaire, secondaire et tertiaire.

Primaire : communication opérationnelle, définissant les éléments de notre environnement dont la définition commune est « ininterprétable ». ex: une chaise, une table, à droite, à gauche, rire, pleurer, etc.

Secondaire : la communication interprétative, à sens. Une chaise baroque est un élément de caractérisation, faisant appel à une interprétation et à son évaluation ; les sentiments, les styles, le sens des choses , etc.

Tertiaire : la communication sur notre communication encore appelée métacommunication,  concerne nos systèmes de pensée, ses commentaires, ses critiques, ses interrogations, ses doutes et leur mise en « bouche ».  La liaison à nos croyances structurantes, à notre sociologie de « la vie ou de nos vies », à notre « métaphysique ».

Ces trois modèles d’étapes en boucle ont une vitesse et un temps de rotation propre et s’alimentent les uns les autres. Ils fonctionnent comme les roues d’un engrenage de montre qui produisent cette complication de l’écoulement du temps que nous appellerons notre relation grégaire.

 

ADPP

ADPP est un modèle du souhaitable, de l’utile et du nécessaire traitant des phases dont l’existence et l’efficacité de réalisation influent sur la pérennité de toute organisation fondée sur un projet social.

Il concerne le niveau stratégique, notre projet de vie.

Analyse, Développement, Profitabilité, Perfectionnement en sont les phases.

 

Métaphysique, métalangage en sont la proxémie[2]. Métaphysique parce qu’ADPP est une « roue » qui nous conduit de la naissance à la mort et qui symbolise la vie comme un équilibre à maintenir et le temps qui s'écoule comme la résultante de l'énergie et de la vitesse nécessaire à son maintien.   Métalangage parce qu’elle s’intéresse à l’élaboration du langage et du système de représentation de nos communications et de nos relations dans leur mise en œuvre et leur apprentissage. On entend ici par langage de "communication", l’émission de signes produits par tous les canaux dont nous pouvons de façon volontaire maîtriser et capter les transmissions; parole, vocalise, sifflet, posture, allure, mouvement, toucher. Nous en excluons par « ignorance, pudeur ou limites » les flux  tels que odeurs et phéromones, non qu’elles ne puissent être porteuses de messages importants mais par notre incapacité à en avoir une utilisation « volontaire et ajustable». Il en va de même pour tout ce qui est « magnétique » et autres quantiqueries, chakras, énergies et autres Fen shui et spiritisme, au nom d’un principe de raison, de ne parler que de ce qui est observable, quantifiable et démontrable dans des limites propres et au nom du refus radical de tout ce qui comporte un risque de soumission à un quelconque déterminisme à consonance charlatanesque et ésotérique[3].

En tant que tel, ADPP s’applique dans le cadre du projet de grégarité qu’est la relation homme-chien. Il   concerne, de par sa visibilité et la croyance que l’on a de la nécessité de son indispensable mise en parole, le premier terme de la relation, à savoir l’homme,  ce qui ne veut pas dire qu’il ne concerne pas le deuxième,  le chien. Dans une organisation constituée d’hommes et de femmes, les phases d’application de ce modèle font l’objet de ce que l’on nomme une cognitivité[4] distribuée. Tous les acteurs vivent son déroulé individuellement. En se frottant à la position des autres, le décalage de chaque roue et la différence de résultat résultant de chaque phase produisent un frottement, une attrition, dont le fruit sera l’établissement d’un contrat collectif de relation. En se confrontant et en acceptant cette négociation,  les acteurs participants par leurs interrelations et leurs échanges au déroulé d’une action de décision, de coordination mutuelle et d’acquisition de connaissances, construisent leur grégarité. Dans la relation homme-chien, cette distribution cognitive organisée, sera un des enjeux majeurs du projet d’éducation, de rééducation et de thérapie et l’une des caractéristiques essentielles du « contrat de grégarité ».

Il en découle une première définition : un projet d’éducation a pour but la construction et l’apprentissage des moyens de la communication et des langages inhérents à celle-ci, devant permettre la mise en œuvre d’une cognitivité collective et distribuée.

ADPP ouvre le champ de la responsabilité qui se décline à travers le devoir que l'on a de renforcer sa capacité à  être « communicant », compréhensible, à portée de l’interlocuteur et d’assurer l’initiation et  l’éducation qui en découle.

Cette boucle concerne le projet de vie homme-chien. Elle s’inscrit dans l’élaboration, la construction, la fonctionnalité du système grégaire homme-chien, système coopératif et collaboratif, fruit d’un désir, d’un  rêve de vie ou de l’intuition d’une nécessité.  Elle parle, à partir de la qualité espérée de la relation, de l’épanouissement qui doit en résulter et de son processus de mise en œuvre.

ADPP représentée sous la forme d’une roue constituée d’une suite de quatre phases comme OODA et PDCA, illustre ainsi un mouvement perpétuel, un éternel recommencement, un écoulement du temps et une nécessaire et indispensable « prise de temps ». La reconduction de la phase initiale à la fin de la phase finale, constitue de fait plus un souhait qu’une réalité. L’existence même de ces  phases est souvent sujette à caution, ce modèle constituant un guide de réflexion et d’investigation. Il permet de s’interroger sur les éléments de notre système grégaire confrontés à des troubles se traduisant par des insatisfactions et des souffrances. Il nous permet de tirer leçon de nos expériences pour élaborer notre « sociologie », notre connaissance du monde et des règles qui y sont établies afin de « l’affronter ».

ADPP ouvre le champ du temps et de son utilisation, notre relation à ses différentes échelles, à ses conjugaisons. et à ses jalons.

ADPP accompagnera les quatre grandes étapes de l’aventure grégaire par autant de « tours de roue » souhaités, alimentés par  nos introspections, par ce qui alimentent nos croyances, nos doutes, nos refus, notre intelligence de la communauté.

La première, celle du début, est la naissance et  l’établissement de la relation, celle de l’attachement et de la séduction. Puis de par  la volonté d’acquérir une agilité de coordination et de comportement conforme aux normes de la communauté, la seconde sera celle de l’éducation et de son projet. Pour arriver à l’acmé de notre parcours à deux à la troisième qui est celle de la complicité, de l’affectif, du sentiment de bien-être et du vivre ensemble, pour conclure sur la quatrième qui est celle de la séparation, du deuil et du renouveau. 

ADPP ouvre le champ du pouvoir, de l’autorité, de sa constitution, de sa signification et de ses enjeux.

La qualité des interactions des acteurs (dans ce cas particulier hommes et chiens) sera le fruit de l’organisation de la participation et de  l’utilisation de la complémentarité de chacun.

La cohésion, la pertinence de l'action collective s'obtient par la constitution de la complétude recherchée des points de vue. (capacité à sommer les points de vue des acteurs dans le but de maximiser la connaissance de l’environnement externe). Ainsi  la coordination obtenue d’action entre les éléments  caractérisera  le contrat de grégarité qui nous lie les uns aux autres.

ADPP ouvre le champ de la construction de la  confiance, à travers l’emploi du regard, de « nos perceptions », de leurs représentations, de leurs partages et de nos abandons de « souveraineté » acceptés.

Un système social comme un système grégaire est formé de « n » entités qui en interagissant dans un contexte et « un projet », assurent et assument leur existence « commune ». Comme tout système, celui-ci peut représenter une organisation plus ou moins éphémère, inscrite dans le temps de façon institutionnelle et structurelle (entreprise, organisme, famille….) ou circonstancielle (salle d’attente, transport en commun, etc.).

La pérennité du système en tant que telle ni la mesure du succès  évaluée à l’aune de la préservation de l’intégrité physique et psychosociale de tous, se traduisant par la liberté de mouvement de chacun, ne sont pas toujours recherchées en tant que moteur de l’adaptation pertinente et équilibrée.

La pérennité d’un système social et grégaire devrait impliquer :

  • de comprendre et d’appréhender par la perception et le ressenti que l’on a d’un environnement changeant et évolutif, la nécessité d’adaptation à celui-ci,
  • de poser efficacement la question de la réponse « équilibrée », de l’adaptation qui en découle et de ses conséquences
  • d’évaluer ce que cela implique en  termes d’apprentissage en vue de renforcer les autonomies de réponse et de réactivité
  • de concevoir et de développer des réponses appropriées distribuées, économisant au mieux les ressources et l’énergie nécessaire à cette coordination.
  • d’en retirer profit, plaisir, sécurité et temps retrouvé.
  • De renforcer par expérience une plus grande capacité d’anticipation et de réaction

L‘ensemble des réponses données dans leur globalité, suivant leur forme, c’est-à-dire si elles respectent l’autonomie et la liberté de mouvement de chacun, leur pertinence, leur efficacité et leur pondération permet d’évaluer le niveau d’adaptabilité et de pérennité obtenu lors du déroulé de ces phases.

ADPP ouvre le champ du plaisir individuel et collectif.

La boucle ADPP possède la caractéristique d’être une chronologie de stades, d’états plutôt que d’étapes. Il en découle des chevauchements possibles et souhaitables provoqués par un mouvement d’aller-retour interrogatif se répondant les uns aux autres. Si chacune a sa « logique », sa valeur ajoutée propre, elles ont toutes en elle la capacité de déclencher, nourrir et alimenter la suivante tout en remplissant déjà les fonctions attendues de celle-ci. C’est cette simultanéité, cette concomitance qui fait l’originalité du modèle.

Dès la phase d‘Analyse, qui représente :

  • le signal
  • l’avertissement
  • l’observation
  • la représentation
  • la compréhension

se met en place le Développement qui est :

  • l’orientation
  • la contextualisation
  • la déconstruction
  • l’autonomie
  • le référencement
  •  la conscience
  • La projection
  • l’élaboration

et ce développement, à son tour, apporte en temps congruent, la Profitabilité :

  • le plaisir
  • la réussite
  • la préservation
  • le respect
  • la reconnaissance
  •  l’estime de soi

 pour aboutir au perfectionnement :

  • La confiance
  • le « retour d’expérience »
  • la mémorisation
  • la sûreté
  • l’anticipation
  • l’efficience
  • la réactivité
  • la  compétence.

Mettre à plat cette boucle illustre mieux cette chronologie chevauchante d’une simultanéité décalée.

Ou

« Le dessin dont il est question ici – incertain parce que trop idéal – vise à illustrer d’une façon aussi parlante que possible le « pari[5] » dont il est question ici. »

Ce schéma permet de situer l’enjeu de chaque étape qui est d’exister tout en  nourrissant  et déclenchant les suivantes. Par son déroulé et son mode de réalisation chacune contribue à amener la prochaine à se réaliser tout en apportant de suite une partie de son bénéfice attendu.

Ces phases jalonnent le « projet de vie» de la construction de la relation de grégarité. Les dysfonctions qui y apparaissent au cours de leur réalisation provoquent des inadaptations et aboutissent à faire ressentir des « souffrances », un mal-être.

ADPP ouvre le champ de l’image, du spectacle, du regard des autres et de notre place dans ce théâtre.

Les déséquilibres du contrat de grégarité se traduisent par ce que l’on nomme souvent troubles ou dysfonctions comportementales.

OODA

Les  systèmes composés, homme-chien dans toutes leurs dimensions (2,3,..n) et situations, doivent assurer le processus de production de décision-action  de façon compétente.

La coordination qui en découle devra garantir les qualités d’adaptation recherchée. La production de cette coordination et les apprentissages associés seront abordés à travers deux boucles schématisant  le processus cognitif de décision.

Ce processus concerne l’individu et le collectif et répond à la même structure « chronologique » ou encore reprend le même déroulé pour chaque acteur pris individuellement et collectivement.

En se le représentant comme le fruit du mécanisme de deux engrenages symbolisant les processus cognitifs de la coordination en situation et  celui de la construction de l’aptitude à cet enjeu, on met l’accent sur le fait que chaque processus de décision se met en œuvre pour toute situation. Ce qui veut dire qu’un acteur doit se faire une « idée » par lui-même de ce qui arrive et de la meilleure façon d’y répondre.

Ceci individuellement ou collectivement, c’est-à-dire que ce schéma est le même pour une coordination individuelle ou une coordination collective « synchronisée ».

Une situation est un contexte plus un événement.

Je suis un individu confronté à une situation à laquelle je dois faire face, je mets en place ce processus  « à l’insu de mon plein gré » (sans en avoir pleinement conscience) pour optimiser ma décision d’adaptation à cet événement et agir de la façon la plus pertinente pour moi à cet instant. La mauvaise décision est toujours la meilleure envisagée à l’instant de la prendre  mais est toujours le fruit d’une erreur cognitive.

Je suis un collectif, je mets en place ce processus « distribué individuellement », j’organise une mise en « commun » de « notre » perception des choses et des réponses envisageables, et je m’adapte par une coordination « pilotée ».

De par sa définition, une situation est toujours un « hasard », une épreuve au sens statistique du terme, comme un tirage au sort, avec une probabilité d’occurrence. Une maternité (contexte) où un tigre déambule et  rugit (événement), c’est peu probable mais ça peut arriver. Un zoo où dans  une cage de tigre  une maman accouche, c’est peu probable mais ça peut arriver. Une maternité avec une maman qui accouche, ca « arrive » ; d’un tigron c’est « impossible » (événement et indépendance des liens de causalité).

Toute situation ne pouvant être prévue mais seulement envisagée car le fruit d’un hasard, toute réponse impliquant des automatismes porte en elle le risque d’erreur ou d’être inappropriée. En définissant la situation comme un hasard et la réponse à celle-ci comme une production de l’instant, du moment,  uniquement circonstanciée, on induit le fait qu’un acteur a besoin de se faire la « meilleure idée possible» de ce qui arrive et ceci de façon la plus en amont possible de la réaction à mettre en œuvre. Pour le dire plus simplement, la meilleure idée possible de son environnement est celle qui évite au mieux la surprise, le saisissement qui ne provoque que réaction. Pour cela c’est en se servant des « yeux » de l’autre et du point de vue qu’il a de celle-ci que l’on a une meilleure prise en compte de la situation. Ceci implique alors que la meilleure façon d’y répondre  n’est pas de le faire de façon indépendante sans se « soucier » des autres, mais au contraire tout en étant autonome et en respectant le libre arbitre de tous, le faire de façon collaborative en acceptant une coordination pilotée par ajustement mutuel.

L’autonomie individuelle au service de l’autonomie collective par l’acceptation du référencement à l’autre sans autre enjeu que la sécurité et le bien-être du groupe devient une nécessité pour la pérennité sociale et grégaire.

Les deux boucles connues, OODA et PDCA, peuvent servir à identifier et analyser les phases de décision et d‘action qui se déroulent dans une situation.

OODA : Observation, Orientation, Décision, Action.

PDCA : Plan, Do, Check, Act ou encore Projection, Réalisation, Evaluation, Réglage.

L’une, PDCA, concerne la construction et le réglage des moyens et la production de « confiance » qui en résulte dans leur utilisation.

L’autre, OODA, concerne la façon dont on se comportera en situation en vue de la meilleure adaptation possible, son enjeu étant le résultat recherché.

L’une nous parle de capacité, d’aptitude à l’action de façon collaborative, l’autre de potentiel de réalisation, d’enjeu de coordination.

OODA

Reprenons et commentons la boucle OODA à travers sa définition wikipédienne et de l’article http://blogs.univ-poitiers.fr/n-moinet/2012/03/10/lintelligence-des-uns-fait-la-paralysie-des-autres-et-reciproquement.

La boucle OODA est un concept inventé par l’instructeur militaire John Boyd de l’United States Air Force qui est reconnu comme expert spécialiste en manœuvres dites de transitions rapides. Pour conceptualiser sa facilité à battre tous ses élèves lors de simulations de combats aériens, il a décrit un processus de quatre phases itératives qu’il réalise de façon agile et rapide et qu’il a définies et nommées : « Observe, Orient, Decide and Act » (« observer, s’orienter, décider et agir »).

Ce modèle « d’agilité mentale », se réfère à une mise en œuvre volontaire de la « famille dialectique  "déstructuration-création" qui, dans le cadre de nos buts de construction de relation, sera utilisée sous une forme cousine « déconstruction-proposition ».

Ce modèle est intéressant en tant que modèle de recherche de la prise de décision optimum dans un contexte d’attrition (usure par frottement) ou de confrontation, fondé sur la transition. On peut le transposer hors de son domaine initial - qui est la finalité de combat et l’issue qui lui est liée, la victoire - à celui de l’interaction dans la construction de la relation dans le but de…

Illustrons ce modèle dans une situation simple, le croisement de personnes lors d’une promenade.

Interaction dans la construction de la relation dans le but de : passer à côté de personnes tout en respectant des règles de bienséance.

1° A partir du point de vue du « maître »

2° A partir du point de vue du chien

3° A partir du point de vue du couple coopératif homme-chien.

L’objectif de la « construction de la relation dans le but de » est d’assurer l’émergence d’une décision et d’une action  la plus  pertinente possible, collectivement et individuellement. Cette optimisation se réalise grâce à une prise en compte et à une analyse de l’environnement la plus complète possible obtenue par la sommation des points de vue des acteurs en présence. Ceci se passe dans tous les cas où l’intérêt  et  la conscience du bien-fondé de la décision collective distribuée sont partagés. Mais le seul Intérêt est insuffisant s’il n’y a pas compréhension entre les acteurs, confiance dans le signal, acceptation de l’injonction dans la limite de sa pertinence, capacité à négocier l’interprétation et acceptation de la coordination réciproque qui s’en suit. Voilà les fondements du contrat de grégarité.

On voit le côté volontaire du construit de la relation de collaboration, qui est une relation de « confiance ».A  partir de la relation 1 ou 2 celle-ci pourrait être remplacée par une relation de soumission abandon du libre arbitre, aboutissant à une coordination potentielle mais à risque plus élevé d’inefficacité en terme d’adaptation aux circonstances.

La thérapie cognitive vise à rendre efficiente cette relation nécessaire au contrat de grégarité. Gommer les dysfonctions de communication individuelles et collectives, dues soit à des pertes de capacité (dégradation) soit à des manques d’aptitude (manque de compétences), en est le but. C’est en travaillant dans le domaine d’une communication distribuée efficiente, sur la recherche de l’existence et du bon déroulement des phases OODA, que l’on palliera ou réparera les dysfonctions de communication lors de la construction de la relation. La résultante de ces rééquilibrages  sera le renforcement et le développement des capacités de coordination et d’adaptation des systèmes et sous-systèmes femme/homme-chien.

Une des définitions de l’interaction est donnée par son enjeu, la coordination de l’autre (l’autre étant ici l’un ou l’autre suivant les circonstances). L’interaction  est considérée de ce point de vue  comme un processus de production d’un résultat,  éponyme dans ce cas de « victoire ».

Dans son déroulé,  l’interaction se définit comme une « attrition ou une confrontation » dans laquelle la « victoire » est d’amener l’autre là où il « faut ».  Ceci  implique de modéliser l’échange des flux d’informations efficaces comme une négociation dont le but est de faire émerger l’influence acceptée de l’un sur l’autre. Fruit d’un partage et d’une acceptation de point de vu, c’est par la capacité à interagir et à influencer les phases propres OODA du partenaire et ceci de façon réciproque, que l’on obtient une coordination mutuelle dont le résultat, et là est la difficulté, sera non pas là où je souhaite mais là où nous devons être. [6]

Il y a donc deux types de « boucles ». Celle qui permet l’obtention de la « bonne adaptation » et celle qui permet le renforcement et le développement des capacités et des aptitudes à la relation dans le but de. L’une qui s’envisage comme outil de construction, l’autre comme outil de conduite.

Selon John Boyd, être capable de maîtriser le cycle OODA chez soi, tout en intervenant sur le même cycle chez l’adversaire, - afin de le perturber - permet d’atteindre la victoire.

 

Les bonnes décisions, étant ici  celles qui déroutent, donnent l’initiative et bloquent ou désamorcent les attaques adverses on peut par analogie en déduire que les bons flux d’informations émis sont ceux qui interpellent, déroutent, donnent l’initiative et désamorcent les comportements afin de remobiliser les ressources dans une autre vision O des choses partagées dans un but de conduite et de construction.

En paraphrasant John Boyd on  pourrait dire : maîtriser le cycle OODA chez soi, tout en intervenant sur le même cycle chez le partenaire - afin de le perturber - permet d’atteindre la cible que l’on vise. Celle-ci peut être soit le «reformatage du système cognitif individuel et collectif» afin d’en développer la capabilité, soit l’obtention de l’adaptation souhaitable.

Nous avons à faire à deux grands types d’objectifs, les objectifs de Conduite poussés par la nécessité de l’événement, les objectifs de  Construction poussés par la nécessité de l’acquisition de capabilité..

Aparté : capabilité une première approche  en vue de la contractualisation sociale et grégaire par négociation permanente.
Le néologisme de capabilité au lieu de capacité et d’aptitude,  fait référence à la définition qu’en propose Amartya Sen. Capabilité : possibilité effective qu’un individu a de choisir diverses combinaisons de fonctionnements, qui lui assurent « un certain degré de liberté ». Ceci renvoie à la théorie de la justice sociale développée par l’économiste John Rawls, auteur de la Théorie de la justice.  Pour faire simple, si celui-ci prône l’égalité des « biens sociaux premiers » comme gage de « liberté » (exemple revenu minimum, accessibilité à l’éducation, aux soins,etc.) et répond à la logique de moyens « identiques » minimum, le philosophe Amartya Sen préconise que les individus puissent faire les choix parmi les biens qu’ils jugent estimables (principe de relativité, joignant le nécessaire et l’utile) et de les atteindre effectivement.Les « capabilités » (ici économiques) sont les enjeux véritables de la justice sociale et du bonheur humain. D’une manière réflexive nous parlerons de capabilités cognitives comme de l’un des enjeux véritables (un minimum cognitif comme un minimum social)  à la mise en place du « contrat social » et de son avatar le « contrat de grégarité ». Celui-ci se définit dans la construction de la relation à l’autre par sa mise en négociation permanente. La  possibilité  de la négociation est  liée à une capabilité cognitive minimum, permettant de traiter et d’émettre de l’information, du sens, de la contextualisation, de la coordination et de la réalisation de façon « pertinente » et autonome.

L’acquisition de capabilité cognitive individuelle et collective devient un des enjeux central de tout système d’initiation, d’éducation et de rééducation. La perturbation devient l’outil et l’opportunité dans la mise en place de ces processus.

La perturbation est obtenue par l’effet de la « paralysie stratégique » recherchée. Exemple, dans le cas de traitement de comportements dyssociaux acquis (agressivité entre congénères ou envers des humains) soit dans le cas de réappropriation de fonctions cognitives collectives dégradées, comme la perte de référencement provoquant une sur-interprétation de son environnement par un des acteurs, c’est la provocation de micro-phases de «paralysie» de l’action provoquées par des propositions « de stimuli écho réponses» dissonants ou paradoxaux, qui déclenchera une réinitialisation du système cognitif dans le sens et la capacité recherchée.

Dans le cas de traitements de dégradations capacitaires cognitives tel que l’hyperactivité, les syndromes de privation sensorielle et leurs conséquences, les phobies, les troubles de l’attachement etc., on récupèrera aussi une tactique de travail soit en s’immisçant de façon quasi instantanée dans l’interface des phases Observation, Orientation qui y sont presque inexistantes, soit en provoquant l’interruption des phases Décision Action en créant  des disruptions « a-normales » au sens statistique d’événement anormal, sortant de la normalité.

En se plaçant en dehors des schémas erronés et traditionnels du manque d’autorité ou de déficit d’apprentissage-conditionnement, on peut se concentrer sur l’existence et le déroulé même des phases Observation-Orientation pour provoquer et déclencher leur existence à travers un ralentissement du cycle de décision, tout en recherchant une baisse des niveaux d’anxiété accompagnant généralement leur dysfonction. Cette baisse de « stress négatif », isolant, sera travaillée, d’une part, par la transformation du bruit que nous émettons et dont l’impact anxiogène échappe à notre conscience,  en informations décodables, d’autre part en médicalisant le chien si nécessaire et en suivant le degré de handicap et de souffrance auquel il est confronté.

Jouer sur les étapes d’Observation et d’Orientation, afin de les amorcer, pour ensuite les travailler dans leur fonction propre d’interprétation, de représentation, de contextualisation pour décision et de mise en action participe ensuite à l’acquisition des capabilités et des normes de « règles communes ».

Il est évident qu’il n’y a pas d’ennemi, si ce n’est une « inertie »  due à une déficience d’un des moteurs de la prise de décision et du traitement de l’information, qu’elle soit du chien ou du maître. Savoir où vouloir pénétrer dans la boucle, vouloir la faire exister - c’est-à-dire au départ pouvoir identifier son mode «abimé»- c’est aussi se donner l’opportunité de la pénétrer et de rééquilibrer le système.

L’initiative face à la réponse, la déconstruction de la réponse, la créativité dans l’échange proposé sont les « armes » dont on se sert pour atteindre « le partenaire de l’interaction ». Les informations émises (attitude, humeur, informations corporelles, émotionnelles, vernaculaires[7]) en sont les munitions.

L’analogie guerrière, tout en faisant  écho au modèle OODA de John Boyd  ne sert  que pour illustrer et insister sur la notion de puissance et de réalité absolue de l’information transmise.  On pourrait prendre celle du chirurgien et de ses outils chirurgicaux, ou celle du professeur et de ses tactiques pédagogiques, de l’herméneutique[8] à la maïeutique[9] en passant par l’heuristique, la mise en conte ou du didactique au participatif pour illustrer les moyens mis à notre disposition pour rentrer en éducation,  thérapie ou rééducation clinique. Mais ces analogies impliquent une abstraction, un principe de réalité et de naturalité éloigné, trop éloigné, qui font de leur détenteur des producteurs de normes, si ce n’est des gourous potentiels de nos vies.

L’information « traversante[10] » qui est de notre seule responsabilité, est ce qu’il y de plus puissant, de plus disponible, de plus « gratuit », de plus respectueux par rapport à tout type de « munition contraignante[11] » accompagnant des tactiques sans éthique, telles que le conditionnement, la privation de liberté ou la mise en addiction, en termes de résultat de vivre ensemble. Elle est la plus respectueuse de l’autre et la plus efficace parce qu’elle tire sa puissance, sa force et sa  vertu du fait qu’elle est et ne peut-être qu’une co-production. Avec l’information on n’est jamais seul, on est toujours au moins deux.

L’information n’est pas mystère, ni fluide plus ou moins magnétique ou vitale. Elle est réalité, « touchable, abordable, utilisable, détenable, inaliénable » pour tous. Mais comme elle est l’outil « absolu » de notre réalisation, elle est souvent enjeu de privation, de spoliation, d’interdiction, de déni.

La référence à la boucle OODA permet de catégoriser les moments et les enjeux de ces flux d’informations. Elle permet de savoir quand une décision se prend, de la co-construire, de produire une décision « commutative », en en identifiant « l’état » et en y intervenant.  En se réévaluant très vite à l’aide du test de réalité, on admet que toute observation, orientation, décision, action sont imparfaites. Il faut donc accepter l’extraordinaire « poésie » de l’unique inachevé et en reprendre le cycle.

Observer

Pour le premier O (Observer),  il s’agit d’exercer l’aptitude à voir, de poser le regard pour ensuite observer. Sous ce terme sont réunies :

  • l’émergence des événements qui alimenteront le développement de l’action en cours,
  • les informations que l’on en perçoit
    • qu’elles soient en prise directe avec l’action
    • extérieures à l’action
    • contextuelles à l’action
    • ceux qui les perçoivent
    • ceux qui les émettent

Dans la relation à deux ou dans un réseau, regarder  c’est aussi être regardé.

Voir au sens générique (capter, entendre, sentir etc..) nécessite d’être mis en vigilance. Observer « l’événement », implique de regarder l’autre, regarder si il voit « aussi », comment il perçoit ce qui arrive afin de nourrir notre observation de ces interprétations. Observer son chien, être observé et observable par son chien, prendre en compte l’environnement produit par « l’autre » à travers ses interprétations, prendre en compte  les autres éléments participants au cadre de l’interaction ( chiens, personnes, animaux, objets..) afin de comprendre et interpréter au mieux ce qui « surgit », voilà l’enjeu de la phase Observer.

La mauvaise observation est donc non seulement une déficience de capteur mais aussi d’émetteur ! Etre un mauvais capteur c’est avoir une incapacité à trouver la bonne focale, avoir une « myopie », une mauvaise profondeur de champ, mais c’est aussi avoir un déficit d’attention, de concentration, ne pas savoir quoi regarder. Etre un mauvais émetteur c’est être dans l’incapacité de transmettre ce que l’on croit voir  et l’interprétation que l’on s’en fait pour alimenter l’ « autre » dans le but de renforcer la pertinence de son observation et de sa propre interprétation de ce qu’il voit.

Cette déficience de la phase « observation » est partagée par l’homme et le chien. Elle crée une insécurité.

Cette incapacité se traduit toujours par des phases comportementales paradoxales. Soit d’« hyperactivité » se traduisant par un désordre et un déficit important de concentration, soit d’hypoactivité de repli sur soi même,  d’absence d’intégration à l’action.

Cette déficience s’identifie ou est provoquée par un comportement erratique personnel qui « dérange ». Ces dérangements peuvent prendre des formes diverses tel que : une hyper mobilité, distraction permanente, déconcentration, ignorance, absence de participation, sur-décision, sur-interpellation, mise en bruit d’une communication. Au sein d’un groupe, cela empêche chacun de remplir sa fonction de vigilance qui permet de déceler les dangers de l’environnement et de participer par leur signalisation à la sécurisation de tous. Ce genre de comportement déclenchera un premier type de régulation ayant pour but d’abaisser le niveau d’instabilité généré par un désordre et ainsi permettre à chacun de retrouver ses capacités de « captation et de signalisation ».

La régulation est un mécanisme de rétroaction de la famille de l’homéostasie (qui en est la conséquence)  définie en biologie comme la  tendance de l’organisme à maintenir ou à ramener les différentes constantes physiologiques (température, débit sanguin, tension artérielle, etc.) à des degrés qui ne s’écartent pas de la normale.

Elle a pour but, par une intervention réactive sur les « acteurs », d’abaisser un niveau de « désordre » ou de ramener de « l’ordre ». Obtenir un degré  « d’agitation » acceptable pour équilibrer la répartition entre les mouvements d’exploration ou de « surveillance » et les mouvements de réalisation « égoïstes » afin de permettre aux différents acteurs du réseau de rendre complémentaires leurs phases d’attention et d’alerte et de la sorte couvrir de leur vigilance une étendue plus intéressante de l’environnement, voilà ce qu’il faut considérer non comme un ordre moral mais un enjeu d’adaptation, parfois de survie.

Une régulation s’obtient par une disruption interrompant un comportement ayant soit une forme de boucle d’activités  continues, ininterrompues, s’autoalimentant et coupant du monde, soit une forme de chaîne linéaire d’activités isolant du monde par l’intérêt que l’on en retire. La solidité des liaisons de cette chaîne  est due à une énergie proportionnelle au « niveau d’excitation et d’extrême satisfaction » procuré par leur réalisation multiplié par  un facteur proportionnel au niveau de concentration ou d’étroitesse du champ où elles se réalisent. ( par extrême satisfaction, nous pensons à des niveaux de plaisir tel que ceux suscités par la prise de substances addictives, alcool, drogue, cigarettes… ou par la réalisation d’activités addictives, tel que le jeu, des comportements à risque, etc... qui en ont le même effet). Ce sont ces « niveaux d’excitation et d’extrêmes satisfaction » conjugués à un facteur multiplicatif d’étroitesse du champ d’activité qui fonctionnent comme des isolants par rapport au monde extérieur.

Cette chaîne d’activités qu’elle soit en forme de boucle ou linéaire, est constituée d’activités élémentaires   liées, au même titre qu’un train est composé de wagons « accrochés » les uns aux autres. Lorsqu’un TGV  passe à une certaine vitesse, il semble avoir une forme de ruban continu.  De même lorsqu’on regarde un film, l’œil voit une image fluide déroulant son action alors qu’elle est composée de 24 images fixes seconde. Lorsqu’une séquence comportementale se déroule, elle semble être constituée d’une seule et même composante, alors qu’elle est constituée d’une chaîne d’actions liées dupliquant OODA.

Comme nous l’avons dit précédemment, une disruption pour être efficace devra avoir l’énergie nécessaire pour casser les liaisons de la chaîne d’actions OODA et celle-ci devra être proportionnelle à la solidité du maillon le plus faible à l’endroit ou au moment où intervient la disruption.

Ceci veut dire qu’une chaîne d’activité symbolisée par un train constitué de wagons représentant des activités élémentaire OODA nécessite une disruption dont l’énergie sera tributaire du moment et de l’endroit où elle intervient. Si la disruption intervient ou frappe comme la foudre sur le cœur du wagon, l’énergie nécessaire à la rupture de la chaîne sera beaucoup plus grande que si elle intervenait à l’endroit qui sera la partie la plus « fragile » de la chaîne, c’est-à-dire la liaison entre deux « wagons ». La disruption devra donc pour être efficace, être proportionnelle à la solidité de la liaison qui existe au point de jointure entre deux activités qui est, en tant que liaison, le lieu et le moment le « plus faible » et y être appliquée.

Une disruption n’est pas forcément violente, elle peut être un tststs, un mouvement de doigt, un clin d’œil. Elle sera alors assimilée à une interpellation, une interruption, un signal d’attention, une information de « vigilance ». En électronique elle est une coupure immédiate d’un circuit due au « claquage » d’un composant. En électricité, elle est une ouverture soudaine d’un circuit électrique. Par analogie, une disruption est assimilée à un « claquage », comme un coup de fouet, ou à une décharge électrique, ceci à tort. Une disruption est un signal dont l’intensité et la forme peuvent se confondre à un pic d’énergie (disruptive) qui  doit avoir une intensité au moins supérieure ou égale au niveau d’excitation provoqué par la réalisation de la boucle d’activité, afin de casser celle-ci par « saisissement ». Mais elle doit aussi être information et non uniquement « saisissement ». Pour devenir régulation, abaisser l’intensité « du chaos », et participer ainsi à la sécurisation du groupe, elle ne peut être consommatrice  d’énergie de façon dispendieuse par celui qui la met en place. Cette recherche d’économie d’énergie sera obtenue par l’acquisition d’une sensibilité à l’interruption par des stimuli de faible intensité et par une meilleure capacité à les délivrer « à bon escient » au « bon moment ». La force du signal étant tributaire de la distance à laquelle il est émis, l’importance d’avoir de bons capteurs et de bons émetteurs devient un enjeu majeur d’acquisition de compétence et non seulement de sensibilité.

 Les régulations peuvent être déléguées par le corps social (ex : les gendarmes ou la mafia chez les humains,  les chiens gendarmes ou les dyssociaux chez les canidés) ou assumées par le réseau constituant le corps social (homme-chien). Leur  légitimité et leur délivrance structurent les relations du groupe, définissent les fonctions de chacun, les délégations et les responsabilités. Elles peuvent aussi aboutir au sacrifice des uns aux  autres et déterminer les règles tissées d’attitude, de soumission acceptée et de coopération. Elles peuvent amener des comportements dits violents et révéler des plaisirs autres que ceux collaboratifs et compassionnels.

En légitimant l’utilisation de la force, la régulation peut être une porte ouverte à la pratique recherchée de la violence pour les plaisirs « complexes » que l’on peut en retirer, justifiés par le « bien-fondé » de l’abaissement du chaos. Les plaisirs sadiques qui en découlent sont des plaisirs dont il est naïf de refuser l’existence et le pouvoir moteur. Ils peuvent être servis voire justifiés au nom du désir de soumission acceptée comme acceptable à des « monstres barbares».

Renforcer, créer de la compétence d’observation des acteurs des différents systèmes est l’un des enjeux majeurs des balades.

Orienter

Pour le second O, il s’agit de s’orienter. Tout l’héritage expérientiel de celui ou de ceux qui décident joue à fond ici. Pour J Boyd cet héritage serait génétique, culturel, fruit des expériences vécues et des leçons qu’on en retire. Cela fait beaucoup d’éléments qui interagissent les uns sur les autres. Si plusieurs personnes doivent décider, elles n’auront pas les mêmes bases d’interprétation, ce que l’on appelle « les mêmes façons de voir ». Les  conflits de contextualisation qui en découleront provoqueront des blocages si ce n’est des conflits d’enjeu « décisionnel » aboutissant à des abandons de légitimité et de libre arbitre. Aigreur, rancœur, perte de légitimité et de confiance peuvent en être le résultat. Le refus ou l’impossibilité du partage de point de vue par incompétence, de la prise en compte de ce qu’interprètent  les partenaires de la situation,  interdit une modélisation partagée, négociée de la situation et donc une optimisation de la décision. La décision optimum devient impossible. Le travail de décision peut rester bloqué à ce niveau1. C’est le piège OO-OO-OO. Ou devenir un diktat et être ressenti comme  tel.

Dans notre cas l’orientation de l’action est surtout influencée par notre culture, nos croyances, ce que l’on croit devoir faire, l’environnement et ce que l’on croit qu’il attend.

Pour le chien c’est en effet l’expérience, l’histoire, l’incertitude et ses stratégies de défense dans un environnement anxiogène par son manque de compréhension qui aura une influence lors de la phase d’Orientation.

Dans le modèle de Boyd, la référence à la génétique, que ce soit pour l’humain ou pour le chien, est une très « inquiétante » vision des déterminismes comportementaux qui « piloteraient » la relation aux autres et nous n’y adhérons pas sous la forme de l’énoncé. C’est pour nous une limite fondamentale au modèle (nous y reviendrons dans la partie communication). Par contre il est évident que les caractéristiques physiologiques des capteurs de situations influencent sur la façon de percevoir les choses et donc vont prédéterminer des canaux privilégiés d’utilisation et de réception. Par conséquent cela influencera les représentations puis les « ressentis » des choses. Cette variété qualitative, si elle déclenche et nourrit notre représentation du normal, ne le définit pas.

Ex : un bruit ressenti comme intense pour l’un peut être peu audible pour l’autre, mais le ressenti comme dérangeant peut concerner l’autre et non l’inverse.

La perception de l’anormal inquiétant n’est pas le fruit d’un codage génétique (sauf pour certains tel que la peur du noir, des araignées, des serpents, dont l’origine semble à l’heure actuelle être encore l’objet de discussion).

Décider

Pour le D, il s’agit de décider. La décision est considérée comme un choix parmi des hypothèses. Ce choix n’est pas d’une rationalité absolue  mais d’une rationalité limitée. Elle  n’est pas le fruit d’un calcul déterministe et rationnel d’optimisation et de prévision  des conséquences de l’action mais elle  prend en charge une certaine typologie d’intérêts « égoïstes et altruistes ». C’est une hypothèse.

La notion d’hypothèse implique que :

  • l’action qui en découlera sera réalisée  et choisie parce que meilleure que les autres possibilités
  • cette action va donner de bons résultats. (le choix cornélien !)
  • elle sera négociée
  • elle sera choisie
  • cette action est réaliste et réalisable
  • ce n’est qu’une hypothèse et qu’elle va être testée

L’intérêt de la notion d’hypothèse et de test est qu’elle est partagée par l’homme et le chien comme elle est partagée par la « bonne » et « l’ouvrier » ou le rom et l’arabe ou le juif et le chiite, ou le sunnite et l’orthodoxe, etc..

Si on admet que :

  1. Nous projetons l’action à partir de la conséquence recherchée (donc à partir de l’évaluation que nous estimons devoir lui attribuer)
  2. Nous construisons l’action en nous allouant les moyens les plus aptes à mettre en œuvre, afin d’obtenir ce que nous souhaitons
  3. et que ceci est réalisé aussi bien par l’homme que par le chien

Cela implique que :

  1. nous partageons la capacité à « projeter » avec tous comme avec « tout » le monde. L’autre aussi « réfléchit », « soupèse », développe une intelligence de « l‘opportunité », de « l‘enjeu » et pas seulement de l’intérêt, mais aussi de « l’honneur » et ce qui est vrai pour le chien, l’est évidemment pour le taliban, le barbu, le communiste, le juif colonisateur et même pour le libertarien US membre de la NRA) (ça fait un peu chier quand même).
  2. dans sa capacité à négocier, la relation ne devient plus un fait « d’obligation et de nécessité » mais un fait de « respect et d’utilité ».
  3. 3.     ce discours sur le chien n’est pas un discours d’humanisation du chien mais plutôt un discours d’écologisation de l’homme, d’intégration non du chien au monde de l’homme mais de l’homme au monde de l’autre.
  4. ce discours est le même que celui qui structure un humanisme anthropologique hors classe. Combattre cette approche discriminatoire de l’autre au nom du fait qu’on lui refuse le pouvoir de projeter et donc d’avoir un intérêt à / pour, est un des enjeux majeur de la méthode. Non parce que ce serait « moral » mais parce que ne pas le faire amène de l’inefficacité et de l’insécurité et que cela coûte à terme très cher en inadaptabilité et en sur-protection.

Agir

Pour le A, il s’agit d’agir. C’est-à-dire de tester l’hypothèse faite précédemment. Mise en route, l’action va s’écarter immanquablement de son modèle de décision. C’est le test de la réalité. Ce qui va se passer va ramener celui qui décide à la lettre O, pour observer et se réorienter pour s’adapter à une situation évolutive par essence. C’est avoir une boussole, une conscience, une transcendance et s’en servir sans peur.

Le cycle est complet.

Agir, c’est se mouvoir, se coordonner, c’est transformer de l’énergie en mouvement.

Agir c’est être efficace, c’est l’émergence de la beauté, de l’harmonie et du surprenant. Agir est le monde de la première fois, de la production et de la réalisation du faire ensemble. Agir est poétique, universel, réel et euphorisant.

Agir est l’instant, agir est une esthétique, agir est présent, agir est  passé,  agir est notre trace,  agir est notre éternel.

 

PDCA

Connu sous le nom de roue de Deming, populaire en entreprise où elle est devenue plus qu’un dogme, un idiome à elle toute seule, elle est le symbole d’un totalitarisme qui nous lobotomise, celui de l’excellence. Formatant au nom de la rétroaction, la pensée de tout cadre confronté au « dépassement », elle nous condamne  au contrôle pour faire mieux, à la mesure et à la notation-évaluation pour nous amener à gérer nos vies au lieu de les engloutir goulûment.  PDCA plutôt que de nous libérer par la mise en discours et en partage de nos expériences, nous condamne à la caricature de la mise en commun comme gage d’allégeance à la tribu des « qui savent et ont la sagesse de la rationalité industrielle ». Elle devient alors rite sacrificiel imposé de soumission avec pour corollaire notre aliénation offerte « positive, souriante, volontaire et appauvrissante »

On oublie qu’au départ elle est le modèle de « l’action » et de son perfectionnement en vue de la justesse du geste.

Plan, Do, Check, Act, c’est à dire Projeter, Faire, Contrôler, Régler, sont les 4 phases que met en place le bébé de 6 mois qui commence à régler son instrument de visée, l’œil, en lançant ses bras pour attraper l’objet, et régler ainsi dans un 2° temps l’adéquation entre ce qu’il voit, ce qu’il projette et sa réalisation.

PDCA a donc pour objet l’apprentissage et une finalité la confiance.

Régler l’instrument de visée et simultanément régler l’outil de réalisation. Cette mise en résonance de l’apprentissage du projeteur et du réalisateur va permettre par une « régulation distribuée »,, ici celle de l’homme et du chien, de construire la confiance et la reconnaissance de chacun dans ses capacités à projeter et à guider. C’est de ce partage qu’aboutira ce que l’on pourrait nommer complicité et libre consentement.  C’est-à-dire, ici, cela se traduira par le référencement croisé de l’homme et du chien et vice versa.

PDCA doit retrouver le sens qu’il n’aurait pas dû perdre. Il doit être un postulat de la construction de système confiant distribué (proposition que l’on demande d’admettre comme principe d’une démonstration, bien qu’elle ne soit ni évidente ni démontrée).

PDCA illustre  comme les deux précédents modèles, un cycle répétitif et chronologique.   Mais alors qu’ADPP illustre la notion de chevauchement et d’enrichissement des phases en continu, qu’OODA porte sur  l’importance de l’existence, du séquençage et de la connexion , PDCA se focalise plutôt sur la réalisation, la systématisation et la répétition du mode opératoire qu’elle fait valoir. De plus la roue qui la symbolise ne doit pas  tourner en continu  pour avancer, mais plutôt marquer des temps d’arrêt dans sa progression pour faire sienne toutes les avancées qu’elle accompagne et valider la prise de « conscience » de la réalisation.

Qu’apportent de tels modèles?

Préambule : « ces modèles illustrent le principe de rétroaction et de cycle de la théorie générale des systèmes ».

ADPP

ADPP a pour domaine la « construction » de la relation grégaire homme-chien en tant qu’élaboration d’un projet de vie, d’une vie. Chaque interaction alimente un élément de la boucle et offre l’opportunité de réfléchir, de définir et de sculpter la forme de la relation de grégarité souhaitée. Cette relation, contrat tissé entre deux personnes, l’homme et le chien, impose la nécessité d’un déplacement effectif du regard posé. Passer du centré sur soi au focalisé sur le déroulé réel de l’interaction, nous amène à  changer notre point de vue sur l’autre.

La conséquence  en est que nous ne nous définissons plus en tant qu’individu appartenant à une communauté (ici l’espèce humaine) mais en tant que personne, maître et acteur d’une relation avec une autre personne, ici le chien.

La focalisation sur la relation en nous faisant considérer l’autre comme une personne,  nous fait prendre en compte les qualités constitutives de l’individu, ses capacités physiologiques, cognitives, sa personnalité et son histoire.

Refuser de définir l’autre par la caractérisation d’un comportement attendu  au nom des signes distinctifs symbolisant ce que l’on croit être d’une appartenance  communautaire (qu’elle soit ethnique, de genre, de forme raciale, confessionnelle ou de classe etc.) en est une conséquence. Dans le monde du chien, le discours racial est tellement ancré, tellement abusivement utilisé, du dévouement de l’épagneul breton à la gentillesse du golden retriever, qu’il instille en nous par justification, non seulement l’acceptation mais plus encore la préconisation de la rhétorique raciale. Pour le chien, cela amène la catégorisation en échelle de dangerosité liée à la « forme »,  pour les hommes cela aboutit à déclarer moderne et donc souhaitable la désinhibition du discours de stigmatisation, de dépersonnalisation, d’identification raciale se traduisant par une attitude anti jeune, anti beur, anti juif, anti rom et une hiérarchisation redistribuée et transitive propre à chaque anti.

Utiliser le discours du noir nonchalant, au juif au nez crochu et à l’avidité endémique en passant par la nature voleuse du Rom, n’équivaut pas mais fait écho au discours « innocent » sur le rottweiler féroce par nature, le pitt bull sanguinaire et le labrador charitable. Faire  comprendre qu’aucun signe ou forme physique ne peut déterminer un comportement, c’est-à-dire une socialité ou une grégarité type est un des enjeux démonstratif  de la construction d’une relation grégaire et  sociale apaisée.

En cela se définir par une appartenance communautaire, qu’elle soit de signe astral ou liée à des origines corses-basques, ou rottweiler ascendant whippet,  pour justifier une fierté et une susceptibilité justifiant un comportement soupe au lait et un système d’honneur justifiant une violence symbolique au nom de…  n’est non seulement pas nécessaire  mais plus encore est inutile si ce n’est néfaste.

La relation efficace est  fondée sur la coopération et la coordination mutuelle.  Elles sont  l’énergie et le moteur aux meilleurs indices de performances d’une  grégarité et d’une socialité sans dysfonctions c’est-à-dire permettant la meilleure adaptation possible au moindre coût en souffrance et violence subies. Eminemment supérieur à la peur, la domination et la contrainte, elle privilégie l’échange, l’écoute et la tolérance à l’opinion divergente comme ciment de cohésion sociale.  Elles  assurent la sécurisation du territoire et le respect de la liberté de mouvement et du libre arbitre de chaque acteur dans le cadre de la mise en œuvre  des coordinations nécessaires à l’adaptation collective et individuelle.

Le chien est un autre sans biais idéologique ni d’appartenance autre que celle que transmet de façon erronée son image, symbolisant par ce que l’on nomme sa race. Nos représentations nous enferment. Le respect de la limitation de vitesse n’est pas plus le fait d’une voiture Citroën que d’une Ferrari. C’est le conducteur qui fait respecter la limitation pas la carrosserie de la voiture. Il est impératif de nous émanciper des schémas et des croyances qui, sous prétextes qu’elles sont communes, nous empêchent de mettre en marche notre  relation à l’autre pour « affronter la situation ». C’est en leur nom que nous décidons sans prendre en compte la réalité de l’autre.

En reniant ce qui nous lie, le plaisir partagé de produire ensemble la réponse la plus efficace, nous nous abandonnons au schéma délétère de la surinterprétation, de la non analyse  prélude aux décisions paradoxales productrices de conflits. La confrontation qui en découle se traduit alors soit par une hyper violence soit par une hyper léthargie aboutissant dans les deux cas à une impossibilité de coordination commune et donc d’adaptation efficace.

Le constructivisme qui s’en déduit en tant qu’outil des possibles, implique que chaque phase est porteuse d’un produit et de son élaboration. Chaque étape est synonyme de potentiel inachevé et par voie de conséquence, d’une continuité et d’un amalgame dans la construction.

Les matériaux constitutifs de cette construction sont au nombre de 6 et ont une utilisation propre à chacun.

Le plaisir, la responsabilité, le temps, l’image de soi, la confiance, l’autorité sont les matériaux qui formatent nos croyances et nos compétences. C’est d’elles que partent l’architecture de nos comportements décisionnels. Leur solidité, leur pertinence d’utilisation sont fondés sur la rationalité que chacun donne à leur construction épistémologique.

OODA

OODA est l’aspect tactique de la construction de la relation, pour « souder » le « binôme », en faire un système confiant, sûr, dont les éléments se complèteront en harmonie, pour combler les déséquilibres des étapes cognitives nécessaires à la pérennité des systèmes constitutifs de la grégarité.

OODA en raisonnant l’interaction comme une attrition à enjeu, comme un échange où la réflexion, la ruse, l’agilité, la vitesse et la pertinence l’emporterait sur la norme, l’automatisme, l’attendu et le dogmatique, est un pas de deux. Elle regroupe le solfège et les pas d’une chorégraphie         ayant pour sujet la complice, coopérative et affective vie commune. OODA c’est aussi la truelle, le mortier et les moellons de la construction de la relation ses plans et sa réalisation, ce qui permet le rêve,

OODA est la reconnaissance de l’autre en tant que personne, parce que sujet lui-même à OODA, il suit ce processus décisionnel comme moi-même. Ayant les mêmes étapes comme capital cognitif, nous partageons cette même capacité à construire la  décision. C’est pour cela que nous pouvons être partenaires de jeu dans la construction de la décision collaborative, constitutive de la coordination assumant notre pérennité.

Pour illustrer l’attrition[12] faisons appel à l’analogie de l’embrayage. Chaque partenaire ayant sa roue qui tourne sur elle-même en vue d’une décision et d’une action, l’attrition est le mouvement de leur mise en contact afin d’obtenir par la guidance « mutuelle » qui en est l’embrayage, un mouvement commun en soudant les deux roues.

PDCA

PDCA concerne l’apprentissage de l’acte et ses conséquences.

PDCA c’est la constitution d’une compétence distribuée, commune, celle qui permet d’affronter à deux la première fois. C’est par la décomposition en étapes élémentaires d’une séquence comportementale envisagée comme autant de « premières fois » et la validation de l’obtention d’un résultat considéré comme un produit, une œuvre, fait à deux, que se constituera le capital confiance qui soudera le couple grégaire femme(homme)-chien.

Etablir la capacité à « s’adapter » est l’enjeu de l’incontournable, l’indispensable phase d’éducation. Le système grégaire en paix que constitue le couple homme(femme) chien en est le résultat . Envisager toute « première fois » comme un acte d’apprentissage, c’est aussi envisager que toute interaction d’adaptation, étant une première fois, contribue à la construction de ce rêve de vie à deux (et à plus).

Eviter de confondre vitesse et précipitation et faire de la décomposition du mouvement en autant de  micro-étapes constituant une séquence complète, permet d’identifier la brique élémentaire de la construction de la compétence distribuée. C’est à partir de celle-ci que sera constitué l’indispensable réservoir-mémoire de souvenirs, de bons moments de bonheur, de plaisirs partagés et la capacité à les mobiliser pour s’en servir afin d’optimiser l’action de vie à plusieurs. 


[1] Naturaliser :  Mouvement littéraire et artistique du XIXe siècle qui visait à reproduire objectivement la réalité En sciences humaines, sociologie puis éthologie, naturaliser est décrire une observation avec le moins d’interprétation possible afin de pouvoir en déduire des mécanismes. Ex : un chien grogne sur un autre chien et déclenche une bagarre. Description non « naturalisée » : le chien est dominant et déclenche par une territorialisation rassurante une attaque soit d’intimidation, d’élimination etc . Description naturalisée (ou plus ou moins naturalisée, la naturalisation d’une observation étant une donnée relative) : le chien montre les dents, émet un grognement. La signification de ce qu’il fait n’existe pas encore. La représentation de ce qu’il produit provoque chez son congénère une réaction émotionnelle de peur, de surprise, de saisissement. Une chaîne de co- réactions-réponses peut provoquer en fin de cycle une opportunité de passage à l’acte due à la cinétique de l’action. Celle-ci est accompagnée d’un flux émotionnel qui varie selon les co-réponses et qui peut aboutir  à une montée d’intensité pouvant aller jusqu’au « fort » et à l’« hystérique » et se aboutir à un passage à l’acte dit de morsures interprétables comme agressives (perte de naturalité) etc… le mode d’observation de la séquence est le même, mais l’interprétation comme produit incluant des modes cognitifs de production ou comme moteur des modes cognitifs de production de décision  font la différence de naturalité de la description.
[2] Proxémie : sciences qui traitent des problèmes du « territoire de chacun, dans ce cadre,  positions relatives des mots, des concepts et des idées que l’on s’en fait.
[3] Les pseudo sciences, les recettes du bonheur, les pierres philosophales et autres règles du bonheur passant de Carnegie à Elisabeth Tessier, de la pensée positive aux deux verres de Ricard, sont autant d’amalgames qui n’ont pour objet que de nous émanciper de notre propre et nécessaire autonomie dans la construction de la relation aux autres. Toute approche attribuant à un comportement une valeur de recette initiale et initiatique à l’obtention du bonheur ici et ailleurs n’a pour seule conséquence que de nourrir le rejet de l’autre et d’en justifier la perverse élimination.
[4] Cognitif (CNTRL) : PHILOS. Qui concerne la connaissance. Le champ cognitif ; l'activité cognitive ; les facultés, les fonctions cognitives. Les opérations dont les intellects sont les principes, sont des opérations cognitives (Gilson, L'Esprit de la philos. médiév.,t. 1, 1931, p. 190).L'élément proprement cognitif de la perception (Ricœur, Philos. de la volonté, t. 1, 1949, p. 315): ... sous le nom commun de pensée, il [Descartes] place indistinctement tous les phénomènes de conscience, affectifs, volitifs, cognitifs, parce qu'il lui suffit de la pensée en général pour y fonder sa doctrine. Hist. gén. de la philos.,1861, p. 408. − Qui est capable de connaissance. Un être cognitif. Si, au lieu d'une conscience affective pure, je produis une conscience cognitive (Sartre, L'Imaginaire,1940, p. 97). B.− PSYCHOL. APPL. Qui concerne les moyens et mécanismes d'acquisition des connaissances. Système cognitif; aptitude, dissonance, structure cognitive.Test cognitif. Synon. test de connaissance ou d'efficience (p. oppos. à test d'aptitude). C.− LING. Fonction cognitive ou fonction référentielle du langage. Fonction de communication se traduisant dans la langue par la phrase assertive servant à informer, à faire connaître une pensée à un interlocuteur`` (Ling. 1972).  
[5] Toute hypothèse et tout modèle en découlant est un pari dans le sens où son utilisation suppose de rapporter plus que sa non utilisation pour le joueur.
[6] (je dois savoir guider mais je dois savoir céder sans enjeu d’égo)  
[7] Langue parlée
[8] Herméneutique : Qui concerne, qui a pour objet l'interprétation des textes religieux ou philosophiques, en particulier des Écritures saintes.
[9] Maïeutique : Méthode socratique reposant apparemment sur l'interrogation et se proposant d'amener un interlocuteur à prendre conscience de ce qu'il sait implicitement, à l'exprimer et à le juger
[10] Que nous émettons et qui nous traversent
[11] Aliénantes, douloureuses, formelles (des croquettes aux colliers électriques etc.)
[12] Usure par frottement. PHYS., vx. ,,Usure par frottement de deux corps durs`` (Mots rares 1965). C'est par l'attrition que l'on aiguise, que l'on polit les métaux (Ac.1835-1932). Mais aussi : THÉOL., CATH. Contrition imparfaite fondée sur la seule crainte des châtiments éternels : 2. Nous pouvons nous éclairer ici par l'exemple de l'église catholique, qui établit deux degrés dans le remord justifiant. L'un, qu'elle appelle la contrition, est le regret d'avoir péché, fondé sur la douleur d'avoir offensé Dieu; l'autre qu'elle appelle attrition, est le regret d'avoir péché, fondé sur la crainte des peines de l'enfer. J. Simon,  

2 réflexions au sujet de « ADPP-OODA-PDCA des modèles familiers »

  1. Bonjour Antoine,

    Je suis passionne par le PDCA et ses mille déclinaisons, et plus j’y pense, plus je considère qu’il faut savoir faire tourner la roue dans les deux sens:

    1. PDCA pour respecter le Hansei japonais, l’essence de la roue qui consiste a accepter que l’on fait des erreurs, générer des pertes et que des lors en se posant les bonnes questions, on va la cause et on résout. J’aime votre creation de confiance, l’apprentissage car c’est ce que j’ai vécu avec mes equipes.
    J’ai toujours considéré qu’appliquer la méthode au quotidien, c’est qualifier mes employés.
    Par contre mon CEO a toujours considéré que c’était trop tactique, pas assez stratégique et la mort de l’innovation, inhérente a un marche de produits de consommation…

    2. J’ai donc chercher pourquoi il avait raison et en quoi j’appauvrissais l’agenda stratégique au lieu de l’enrichir, quand bien meme javas stabilise mes operations.
    Je me suis bien rendu compte que mon système ne répondait pas aux ruptures, aux breakthroughs et que je ralentissais mes collègues marketing.
    Donc comme je souhaite rester « simple » dans l’approche , j’ai cherche la solution sans abandonner le cercle, inspire de la cellule originelle, donc forcement le bon concept.

    3. J’ai des lors observe que certains « inventaient » leur propre cercle, gardant les quatre étapes, simplement en les rebaptisant.
    Pourquoi pas , selon moi ils ne font que confirmer que la roue est universelle, il joue avec la sémantique et n’évite pas l’appauvrissement au bout de x tours.

    4. En lisant « Hidden Connections » de Fritjof Capra, j’ai alors compris le yin et le yang de la vie sur terre:
    > la stabilite du design d’uridine, donc de la cellule et de son cercle
    La hiérarchie est un model performant, la performance se fait par la repetition infinie, le cote fractale du PDCA, il a y toujours quelque chose a améliorer, la perfection n’existent pas sur terre !
    Le mode d’election du leader dépendant de la maturité de l’organisation, « des parents, au dieu, aux saints, au pape, au roi, au dictateur, aux élus politiques, a la star, aux medias, au patron de la banque centrale, du FMI, de l’ONU, de la FIFA, au patron d’une NGO, ….
    > l’instabilité du système dès lors qu’il souhaite se ré-inventer, s’associer à quelque chose qui ne correspond pas a son état initial
    > Le système ainsi créé étant complexe, il est non-linéaire, il est donc impossible à contrôler.
    Il ne peut etre que « perturbe » donc la hiérarchie n’est plus la solution, et le PDCA non plus sauf a stabiliser le nouveau système, pas a le créer.

    5. En fait je suis arrive a la conclusion, simple et efficace, qu’il suffit de faire tourner la roue à l’envers pour créer l’instabilité recherchée pour innover !
    Il faut faire du ACDP, a savoir experimenter une nouvelle facon de travailler, « fractaliser » son effet, en multipliant la simulation à l’infini, car il s’agit d’un système stochastique qui ne peut pas se contrôler.
    Il suffit alors d’observer les effets induits, et à la fin « trier la meilleure option » avec le Purpose , car pour moi P = Purpose .
    En effet, il ne fait pas de sens de planifier autre chose que son purpose, sa raison d’etre. C’est la boussole du leader, celle qui permet de naviguer dans un « VUCA world », un monde devenu fou et imprévisible.

    6. Apres avoir lu votre article, fascinant je dois dire, je me pose les question suivantes:
    > suis-je trop simpliste dans l’approche ?
    > suis-je influence par mon chat car je n’ai pas de chien à la maison ?
    > pourquoi est-il si complique de comprendre certains de vos chapitres ?
    > ai-je rencontre maitre Yoda sans m’en rendre compte , sans le reconnaitre caché derrière Antoine ?
    > ai-je perdu 15 ans alors qu’il me suffisait de lire votre article et d’appliquer:
    OODA x ADPP x PDCA = YODA
    Je lance donc une bouteille à la mer , je suis perdu dans une des « Faberge fractals » !
    J’ai besoin:
    – de votre éclairage
    – de votre explication de texte
    – de vous rencontrer car les emails ne résoudront rien
    Je dois savoir, je vous remercie donc par avance de me communiquer ou et quand je pourrais vous rencontrer, dès lors que vous y trouviez une valeur mutuelle.
    Dans le cas contraire, je continuerai mes recherches, seul.
    Mes coordonnées sont jointes ci-dessous pour établir le contact.
    Au plaisir, cordialement

    Xavier Tholey
    + 41 79 877 25 14 , xavier.tholey@hotmail.com
    – 6 conférences internationales en 2016 ,
    sur le thème « PDCA x ACDP => Stable and Agile = Sustainable Success »
    – Membre du réseau leadership Ling-Coldrick, représenté par Alain Perrot, partner Ling-Coldrick à Strasbourg
    – Futur membre du réseau leadership de Radius-1, « The meta Transformation »

  2. Ping : Les modèles ADPP, OODA, PDCA | Les balades d'Antoine

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