Aparté

APARTÉ

Les balades se veulent l’illustration de la nécessité d’acquérir et de construire des compétences opératoires afin de vivre des relations territoriales apaisées. Ces compétences relèvent du domaine de la communication et concernent l’observation, le langage, la sémantique, la modélisation de situation, l’analyse, la négociation, la rhétorique, la décision et l’action.

Max Weber appelait "amour acosmique", l’éthique des valeurs tournées vers l’autre. L’amour acosmique « c’est ignorer le monde, le cosmos en tant qu’éléments, en vertu d’une éthique des valeurs tournées vers l’autre». (Paul Veynes citant Max Weber).

Les « idéologies humanistes » (c’est à dire centrées sur l’homme et la raison) qui en découlent sont porteuses des valeurs universelles de droits de l’homme déclinées sous diverses formes et ceci quelles que soient les cultures, les religions et les époques.

Qu’elles prennent le nom de non-violence, de pacifisme, de tiers-mondisme, de démocratie, d’égalité des chances, de laïcité,…, de respect de la liberté de conscience, de sexualité, de théorie des genres, de libération de la femme, de lutte contre toutes les formes de racisme et de discrimination allant de l’antisémitisme à toutes les formes d’apartheid et de tentation d’eugénisme,  elles ont  toutes pour enjeu de libérer nos corps de contraintes imposées, de libérer les forces créatrices de nos vies uniques. 

Toutes les luttes de libération au nom de l’éthique des valeurs tournées vers l’autre et le respect de soi-même doivent mobiliser par la violence des attaques et des détournements qu’elles subissent, une rhétorique du témoignage et de l'exemple construite et constamment actualisée par l'expérience vécue tout en empêchant qu’elle même ne devienne des arguments d’exclusion.

Alors que l’on assiste à des réminiscences des discours de dépersonnalisation et des actes d’exclusion si ce n’est d’élimination au nom de l’appartenance à des «signes» qu’ils soient confessionnels, communautaires, de classe ou de couleur de peau, il semble urgent de travailler et de s’interroger sur ce qui fait une relation apaisée de partage de territoire.

La nomination de la différence supposée, juifs, palestiniens, roms, beurs, catholiques, musulmans, protestant, chiites, sunnites, jeunes de 2° génération, femmes, issus des banlieues ou barbus, bourgeois, employés, ouvriers, prolétaires, cadres, doberman, staff, husky, labrador, teckel, rottweiller, berger allemand, basset hound, pointer, lévrier afgan, Ferrari, Porsche, Rolls, Dacia, Skoda, Renault etc..est le premier élément de l'exclusion et du rejet. La caractérisation de l'autre par la forme jouant non pas le rôle de la définition émerveillante des détails et des unicités mais celui de la différence et de la généralisation chosifiante du "compère",  il est temps de la gommer et de la rendre ridicule.

La compréhension de la place de l’homme comme partie d’un tout, élément d’un réseau sans en être la valeur essentielle, impose que sa nature et sa pérennité passe par sa reconnaissance distribuée (globale) en tant que personne (c'est-à-dire que chaque individu soit reconnu à part entière comme une personne sans aucune discrimination). Sa valeur ajoutée résiduelle (qui s’ajoute à la valeur qu’il a en tant que membre du vivant) est accrue par sa capacité à se lier au réseau afin de décrire,  qualifier et créer le monde à partir de cette vision complétée et enrichie. C’est à partir de sa volonté et sa compétence d'interagir que s’établissent la personnification et la reconnaissance de tous. En y restreignant son entourage il ampute sa personne. La perte de membres qui en découlent est de sa responsabilité et non l’effet d’un « ordre naturel » ou la faute à pas de chance.

Cette reconnaissance, étendue aux éléments du vivant ayant une « conscience », c'est-à-dire le monde animal si ce n'est du vivant, pose la question de l'opportunité de vivre la construction de nouvelles relations sans le biais des idéologies et des croyances qui nous influencent dans notre regard sur l’autre.

Si la protection de la nature, son respect et la prise en compte du futur ou une prise de conscience écologique  nous interpellent sur nos responsabilités et la nécessaire prise en compte des conséquences de nos actes sur notre entourage et son devenir, la personnification du monde du vivant nous permet de nous RE-personnifier, de nous RE-accepter.

L’égalité des genres et des sexes, le respect et la protection des hommes, des femmes, des cultures, des animaux, dans leur droit à l’accès aux moyens matériels de vie et aux moyens éducationnels de leur liberté de conscience, d’intégration… dans un monde en paix qui permettent à tous de se « poser» les questions de leur place, de leur désir et d’en obtenir les réponses sans besoin hégémonique de pensées, voilà les enjeux majeurs auxquels une organisation sociale centrée sur les valeurs de l’amour acosmique élargi au vivant se doit de répondre.

A l’heure où nous n’avons jamais été aussi proches d’un monde respectueux de l’autre dans sa différence et dans son droit à disposer de sa vie par l’existence des outils phénoménologiques conceptuels « universaux » de la relation, élaborés autour du paradigme de la perception, de la complexité et de la transversalité, le combat pour une socialité de paix n’a jamais été aussi compliqué.

Son éloignement est dû à deux courants contraires. L'un alimenté par l’énergie de la peur de l’autre, l'autre par l'énergie  de la peur de soi.

Le premier pourrait être nommé abandon de la réflexion, le deuxième abandon à la pulsion.

Le premier est celui de l’abandon et de la spoliation de la réflexion et de sa nécessité. Il est organisé autour d’un dénigrement systématique des discours de savoirs et de  raison  au nom d'une trop grande complication. Renforcé par une critique des élites tout en pratiquant un élitisme forcené et un mépris radical  de "l'autre" en ne lui reconnaissant aucune capacité de "réflexion", il est alimenté par le refus d’accepter le principe de construction de la "personne et du rapport aux autres" tout en  réfutant la nécessaire prise en compte et mise en perspective des souffrances qui découlent des déséquilibres de nos relations. Il est vécu et se justifie par une mise en danger de positions dominantes défendues comme socialement structurantes.

Le deuxième est une mise en exergue de l’excitation et de la pulsion comme parangon du plaisir et de sa marchandisation rendue possible par les addictions qui en découlent.

C’est ainsi que le combat pour une socialité de paix se trouve relégué au rang d’utopie mensongère et iconoclaste et son combattant au rang de spectateur-acteur de la déchéance vécue d’une mise sous tutelle de nos vies par des maffias dealeuses plus ou moins violentes mais toujours terrorisantes.

Les violences sous toutes leurs formes, (nommés terrorisme, esclavage, pauvreté,  SDéïFication, règlements de compte, désacralisation de la vie humaine et sa monétarisation) sont les avatars produits par nos échecs dans ce combat entre les forces de la peur, de la violence et de la douleur contre celles de la construction, de l’éducation, de la négociation du contrat de notre libre arbitre et de nos respects mutuels.

Cette socialité passe par le partage des territoires pour une vie en commun.

Cette socialité doit s’organiser autour de la volonté, celle de la pérennité de nos systèmes sociaux et grégaires. Il en découle son organisation, ses règles et ses principes à acquérir ou à savoir produire. Construire une socialité apaisée, productrice de paix et de liberté demande plus que de la bonne intention, dont l’enfer est pavé mais de la compétence et de la réflexion dans la détermination à mettre en œuvre au quotidien nos relations aux autres.

Le chien comme dominé, « bestialisé », sera le médiateur qui permettra d’identifier et d’acquérir une partie de ces compétences nécessaires à établir ce lien de grégarité et de socialité que nous souhaitons vivre et ceci en dehors des biais idéologiques.

Sa débestialisation en sera le postulat.

L’acceptation et la construction de son autonomie fera écho à la nôtre.

L’enchevêtrement de nos relations à la sienne et aux autres en sera le fait.

L’harmonie, l’antonymie.

La diversité et la cacophonie, la synonymie.

Elles seront le théâtre d’une esthétique de la vie et de sa collective unicité.

NOTES /

1 Socialité : Psychologie sociale. Étude des processus d’interaction entre les individus, entre l’individu et les groupes, entre les groupes eux-mêmes.

2 On aurait pu utiliser le terme « homme-chien » avec un substantif masculin à valeur générique et nous nous y plierons par la suite. Mais le monde du chien est un monde ou le genre-masculin est ontologiquement (allant de soi) affirmé et accepté comme hiérarchiquement déterminant. Le discours qui en découle est alors celui de la place toujours n°2 de la femme dans la famille. Cette dernière d’ailleurs ne pouvant-être que meute, l’intègre comme une donnée étho-sociologique déterminante dans la production de comportements «normaux» sans autre forme d’interrogations. Il me semble important d’affirmer que la différenciation des genres et leur pseudo encartage dans des servitudes et rôles propres au nom d’une « raison naturelle » doivent par tous les moyens, même les plus inélégants et les plus incorrects, être combattus. Cet état du discours est une des causes des comportements dysfonctionnels de nos chères têtes et corps plus ou moins velus, poilus sur toutes surfaces.

3 Efficacité et efficience : l’efficience est une obtention d’efficacité au moindre coût en ressources. La construction des coordinations ne se limite pas à l’obtention d’un résultat lambda, norme attendue d’une capacité mobilisée par un stimulus type et mémorisé. Elle doit s’obtenir au moindre coût d’utilisation de ressources, (signal et motivation), énergie de leur mise en mouvement afin de pouvoir complexifier la relation par la captation des signaux « faibles », sensibles et divers. Renforcer les capacités à capter et à émettre ces signaux faibles tout en sachant les interpréter est l’enjeu d’une communication enrichie. Elle évoluera tout au long de la vie dans le domaine de l’anticipation, de la collaboration, du partage de points de vue, définissant un rapport complice, amical dont la domination -soumission sera exclue.

4 Agapê : (amour affection à distinguer de l’amour passionnel, être bien ensemble, générosité, universel, il est dévouement) Philia : Amour fraternel et sélectif, il est l’amour d’une mère à son enfant ou l’amitié entre deux êtres.

Ceux qu’on aimera accueillir:les curieux, les étudiants, les professeurs, les normaux, les anormaux, les sourds, les muets, les autistes, les artistes, les filles, les gars, les à pneus,etc..

  • les personnes à chien

    les personnes ayant des chiens qui souhaitent:
    • développer leur relation avec leur toutous
    • éduquer, sociabiliser, construire un chien serein et équilibré
    • mettre en place une communication cohérente et significative à laquelle sera sensible leur chiot, leur jeune chien préadolescent, postadolescent,  adulte, vieux ronchon, préretraité, retraité, alzheimerien, à poil long, court, frisé.
  • les personnes qui ont des soucis comportementaux, qui se font mordre, qui n'arrivent pas à se faire mordre, qui aimeraient des relations plus viriles ou plus douces mais qui veulent traverser aux passages protégés.
  • celles qui ne reconnaissent pas dans la carrosserie de leur toutou les caractéristiques improbables d'un comportement attendu.
  • celles et ceux qui confondant robot Moulinex et Ferrari tout terrain, ne comprennent pas que les limitations de vitesse permettent à une Porsche et à une 2cv de rouler à 90 km/h sur les nationales et les départementales, que leur rottweiler perd aussi ses poils 2 fois par an et que Brad Pitt n'a de boules appréciables et palpables au tout venant que celles qu'il fait saillir de ses biceps délicatement ciselés par un travail de bodybuilder survitaminé hollywoodien.
  • Ceux que l'on désire

    Aux balades, tous sont bienvenus, dans leurs diversités et leurs attentes, leurs bonnes et leurs mauvaises humeurs, leurs colères et leurs contentements, leurs envies de donner ou de recevoir, leurs certitudes et leurs interrogations. Nous sommes tous confrontés à la différence mais nous sommes souvent désarmés quant à nos ambigües ressemblances. Être unique et en même temps similaire, quel drôle de paradoxe, quel étrange oxymore  pléonastique portons nous  comme un étendard  pour se complaire dans un péremptoire et ambiguë "rejet-besoin" de l'autre au nom du  "parce que ce n'est pas moi", "parce que je ne suis pas lui". Questionner à l'infini l'étagère qui de son état errant nous répond qu'elle se sent trop empoussiérée pour mettre en valeur  nos aventures picaresques et autres mirobolantes œuvres fruit  de nos vies créatrices, devient à ce moment d'auto-contemplation l'antépénultième activité précédent la capricieuse recherche d'amis sur facebook avant de s'abîmer dans une anagogie (Élévation de l'âme vers les choses divines) offerte par une télévision reflet de notre unicité!!!
  • Pour ne plus être seul(e) parmi tant d'autres au générique  long comme une aventure capitalistique de restauration rapide, d'une vie brillant(e), sincère,  réussi(e) et de bon goût,  les balades ont besoin de vous et lycée de Versailles, vous avez besoin des balades.
  • Aficionados du transfert, intéressé par le contre transfert, opportunistes, manipulateurs, manipulatrices, narcissiques, pervers, voyeurs, voyeuses, curieux, curieuses, rieurs, rieuses, généreux, égoïstes, monothéistes, paganistes, jaunes, noirs, aryens, latins, grecs, juifs, catholiques,anorexiques,  protestants, salafistes, musulmans, soufistes, bretons, auvergnats, corses, normands, basques, belges, alsaciens, pauvres, jurassiens, malien, ivoiriens, vietnamiens, chinois, névrotiques, japonais, malaisiens, névrosés, sdf, milliardaires, millionnaires, orthodoxes, hétérodoxes, hollandais, psychorigides, de droite, boulimiques, du centre, de gauche, de l'extrême milieu, au milieu extrême, en  résumé everybody exceptés les scientologues et Tom Cruise, avec et sans chien, voulant(e)s, désirant(e)s, soumis(es), dominant(e)s, dominé(e)s, libre(s) et aliéné(e)s sans fin seront  non seulement pour des raisons éthiques, déontologiques et de pur libre arbitre absolument rejetés, honnis et souvent critiqués mais pour des raisons marketing et de basse économie seront toujours les bienvenus , accueillis à bras ouvert, attentivement écoutés, bichonnés, conseillés, entourés d'une quiète sympathie, courtoisie et ceci pour des émoluments d'une grande discrétion!!!!!!! Au nom du principe de liberté nous ferons des prix et des facilités de paiements à toutes celles et ceux qui disent oui, dans un souci d'égalité nous ferons la même chose pour tout ceux qui disent non  et dans un soucis de fraternité nous garantirons l'inverse.

  • Ceux que l'on ne veut pas

          Tous les autres! ou pas.

  •  Ce que l'on ne souhaite pas: que vous soyez indisposés ou rebutés

En lisant ces lignes vous avez ressenti du trouble. Peut-être dû à une mise en humour non forcément partagée ou intelligible, soit provoqué par l'utilisation de mots dont  la résonance,  même à votre corps défendant, vous a mis plus ou moins mal à l'aise. Sachez que nous y sommes tous  sujet. Vous avez ressenti "une" ou des "émotions", positives ou négatives, provoquées par ce que vous lisiez. Vous vous êtes représentés et avez interprétés ce qui était écrit et ceci a provoqué une mise en état d' "éveil", vous préparant à  "RÉAGIR".  Cette réaction vous la contenez pour la "calibrer" en fonction de ce qu'il vous semblera une juste réponse. (une hypothèse). Cette juste (hypothèse de) réponse qui coule d'"elle même" vous est imposée par ce que vous  croyez être vrai. (ce que vous dicte votre habitus, groupe social de référence et votre désir d'en être reconnu). C'est ce qu'on appelle aussi le bon sens, l'objectivité ou la vérité lorsqu'on ne souhaite, ne veux ou ne peux remettre en "discussion" son interprétation, sous peine de perdre des "repères" utiles à nous rassurer dans la vie. Par le fait, vous avez vécu une expérience émotionnelle similaire à celles que vous vivez à tout moment lorsque vous partagez une situation avec d'autres. Vous la ressentez et vous devez vous y adapter tout en vous "ajustant" entre vous. Ces protagonistes sont les acteurs de la situation, accompagnés ou non de vos "meilleurs amis à quatre pattes". Amis, alliés ou "handicap"!!! Hors vous ne pouvez ni demander ni attendre de ceux qui vous entourent qu'ils ressentent la même chose que vous, qu'ils soient homme femme ou chien. De là apparaît 2 modes de vivre et d'organiser l'interaction. Un mode conflictuel ou un mode collaboratif qui par affinité peuvent être associés à des types et des styles de pouvoir opposés tel qu'autoritaire-participatif, totalitaire-démocratique. le mode conflictuel  fait prévaloir un point de vue sur celui des autres. Il organise son émergence par une mise en compétition ritualisée afin qu' à partir de ce point de vue "dominant", une décision dominante s'impose au point de vue dominé. La "non ambiguïté" en serait la valeur ajoutée mise en avant comme sécurisante et même comme apaisante!! la pertinence y est déclarative et non sujette à caution. Le mode collaboratif  privilégie au contraire, le partage de point de vue, leur sommation, afin de construire une décision optimum pour les acteurs de la situation. la décision optimum est celle qui assure pour tous la meilleure pertinence d'action caractérisée par la maximisation de la sécurité, de la préservation et du bien être. Elle assure l'adaptation adéquate des acteurs constitutifs de la situation et des systèmes sociaux (grégaires) la partageant. L' important n'est  pas  d'avoir raison et de "faire gagner" sa lecture des choses comme seule pertinente, mais  tout en respectant et en se faisant respecter,  de conglomérer les différents points de vue  dont nous sommes une part, afin d'avoir grâce à cette sommation une meilleure vision des enjeux, des risques et opportunités offertes au sein du moment. C'est à partir d'une volonté que  se déroule les moments de mise en place des différentes étapes du processus de coordination et de décision. C'est  aux différents stades d'apprentissage des communications et des applications des règles du vivre ensemble que se construisent les capacités à prendre en compte et à partager des points de vue et des décisions. Là se trouve un des enjeux primordiaux des balades. Se confronter au fait de l'autre, Prendre conscience à travers et par le chien de la nécessaire construction du rapport confiant dont nous sommes tous acteurs.